14 juillet 2011 4 14 /07 /juillet /2011 00:03

Qui dit 14 juillet, dit cérémonies militaires, feu d'artifice et bal populaire. Le triptyque incontournable des réjouissances pour célébrer dignement la fête nationale, du moins dans l'inconscient collectif... Oui, sauf qu'en Guyane, la voilure festive est considérablement réduite. On va à l'essentiel. Honneurs à l'armée. Exit la pyrotechnie, out les trémoussements en musique, point de fanfare, ni de lampions, pas de liesse citoyenne non plus : des festivités, il ne reste que le (succinct) défilé des troupes. La Bastille est bien loin (dans le temps et dans l'espace) et les finances publiques ont d'autres priorités (dont le Carnaval, fort coûteux et bien plus prisé) : à quoi bon commémorer l'évènement dans une débauche de fusées multicolores et de notes endiablées ?

 

Prise d'armes sur la place des palmistes

 

Pour prendre part à ce premier 14 juillet équatorial, rendez-vous à Cayenne, 19h, sur la place des palmistes plongée dans l'obscurité crépusculaire. Contre toute attente, il n'est pas difficile de se garer. Etonnant pour nous à ce stade, car nous croyons encore assister dans la foulée au feu d'artifice traditionnel. Nous serons rapidement détrompés (et déçus, on s'en doute, surtout les enfants). En attendant cette mauvaise nouvelle, nous nous dirigeons donc vers l'épicentre des célébrations, en suivant la foule d'un pas tranquille (on n'est pas à Paris). Pas de difficultés non plus pour se frayer un passage vers le premier rang, pour que les enfants puissent eux aussi profiter du "spectacle". Il y a certes du monde, mais la foule reste relativement clairsemée et, comme toujours en Guyane, aimable et courtoise.

 

Et là, au pied des palmiers géants, nous découvrons les militaires inter-armes alignés au carré, impeccables dans leur grand uniforme de cérémonie, délimitant une large esplanade centrale largement éclairée, où se tiennent les "officiels" : autorités civiles (M. le Préfet, nouvellement nommé) et militaires (le commandant supérieur des forces armées en Guyane), entre autres. Il se dégage de l'ensemble une impression d'exotisme (la faute aux tenues tropicales, d'une blancheur immaculée) un peu surannée (pour peu, on se croirait encore aux Colonies avec ce protocole élitiste...).

 

Décorations et émotion

 

Soudain, lumière ! Un régiment de projecteurs disséminés sur l'herbe s'illuminent à l'unisson et sortent brusquement les soldats de l'ombre. Des haut-parleurs, discrètement installés sur les stipes alentour, prennent aussitôt le relais et nous profitons aux premières loges de l'ambiance. Rien ne nous échappe, ni les ordres secs intimés aux troupes, ni les explications factuelles de la speakerine, l'ensemble dans le jargon propre à l'armée. Vient le moment d'honorer les faits d'arme et de décorer les militaires méritants. Un instant spécial, empreint de respect et de tristesse, en cette soirée où tous savent que cinq homme ont encore péri en Afghanistan sous le feu des Talibans. Un hommage émouvant leur est rendu quand, dans un silence assourdissant, la sonnerie aux morts résonne solennellement dans la nuit...

 

A l'heure d'épingler les récompenses (3 légion d'honneur, 1 médaille militaire, 6 croix de la valeur militaire), l'Afghanistan est plus que jamais présent. Dans les esprits, sur toutes les lèvres, dans l'énumération des distinctions au combat : tous ont pris part au dispositif Pamir, s'exposant personnellement face à l'ennemi, pour assurer la protection de leurs frères d'arme ou mettre en déroute les rebelles... Et puisqu'on parle du terrain, sachez que la Guyane, avec le plan Harpie de lutte contre l'orpaillage illégal, est le troisième théâtre d'intervention pour l'armée française, après l'Afghanistan et le Liban.

 

Défilé en comité restreint

 

S'en suit un modeste mais original défilé des troupes à pied et motorisées, initié par une fanfare martiale aux accents tropicaux : armée de terre, marine, gendarmerie, légionnaires (très présents en Guyane), pompiers... Comme il se doit, les véhicules circulent tous gyrophares allumés et militaires aux garde-à-vous. Ils sont accompagnés d'un ou deux hélicoptères (peu visibles de nuit) et d'une grande variété d'embarcations fluviales dont on devine sans peine l'usage intensif pour combattre le fléau de l'or clandestin.

 

Et encore une fois, nous pouvons assouvir notre curiosité dans les meilleures conditions. Bébé se montre d'ailleurs très enthousiaste devant tant d'activité à sa portée ! N'allez pas croire pour autant que c'est millimétré comme sur les Champs-Elysées. Non : c'est moins carré, moins léché, dans le pas et la formation ; les officiers dressent, au bord de la rue principale, une haie d'honneur un peu désordonnée et brouillonne ; les haut-parleurs maltraitent les mélodies militaires (en play-back) avec une sonorité de patinoire... Mais l'objectif est moins de parader artificiellement que de tisser un lien entre les militaires, omniprésents en Guyane, et la population...

 

Bilan de la soirée : pour le moins atypique par sa sobriété, on se souviendra de ce 14 juillet ! Une austérité purement militaire et protocolaire à l'échelle de toute la Guyane... Pour mettre des images sur les mots, ne manquez pas de consulter aussi le florilège photographique de cette version épurée de la fête nationale !

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24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 12:11

Comme chacun sait, Pâques revêt plus d'importance aux yeux des Chrétiens que Noël : la résurrection du Christ est un évènement plus fort que sa naissance. Or, les Guyanais sont très croyants et pratiquent assidûment. Le dimanche matin, les églises et les temples sont très fréquentés, et les fidèles se mettent sur leur 31. Je suis toujours frappée par l'élégance des femmes qui se rendent à la messe dominicale...

 

D'abord une fête religieuse

 

Pâques est donc une fête importante en Guyane. Au delà des chocolats traditionnels qui abondent dans les supermarchés, les rayons s'emplissent également de livres de culte : bibles pour tous les âges, préparation de la communion, de la profession de foi et de la confirmation. Je ne me souviens pas d'avoir vu ce genre d'ouvrages dans les magasins de Métropole...

 

On trouve également des "rameaux" artisanaux sur les marchés pour la préparation de Pâques (le dimanche des rameaux précède d'une semaine le week-end pascal). En forme de cône évoquant une pomme de pin allongée, ces rameaux sont constitués de feuilles de palmier tressées. Décoratifs et faciles à trouver, ils sont aussi très abordables : de 2 à 5 euros pièce.

 

Comme on le comprend vite, la célébration pascale a conservé ici toute sa dimension religieuse, et ne limite pas au passage commercial des Cloches de Pâques...

 

A table !


Cet aspect n'est pas oublié pour autant, même si les arrivages de chocolats se font plus tardifs qu'en métropole : les premières confiseries apparaissent dans les linéaires guyanais à peine 10 jours avant le week-end pascal... On s'en doute, la chasse aux oeufs pose un problème logistique : le chocolat fond très vite au contact de la chaleur. Sachant qu'il fait déjà 27-28°C le matin au réveil, il vaut mieux prévoir une quête matinale et disposer les poules, lapins or et autres cloches au dernier moment. D'autant que les "fourmis sucre" (minuscules fourmis extrêmement grégaires et organisées) ont tôt fait d'investir - et de détériorer irrémédiablement - le moindre aliment sucré accessible...

 

Pour cette première Pâques en Guyane, les enfants étaient donc sur le pont (ou plutôt, sur le balcon-terrasse) dès 7h30, et sitôt le butin partagé, les précieux chocolats sont retournés dans le bac à légumes du frigo (où ils patientaient depuis quelques jours)...

 

Attention, plat national !

 

Restons à table avec le menu traditionnel de Pâques ! Pas d'agneau pascal, ici (aucun élevage de moutons en Guyane, d'ailleurs), mais du bouillon d'Awara, le plat national guyanais. L'awara est un palmier littoral à "tronc" (stipe) couvert de piquants acérés et dont le fruit est comestible (comme le comou, le wasai et bien d'autres - j'y reviendrai en détail dans un article dédié).

 

La base de ce plat typique repose sur une pâte de fruits d'awara, dont on tire un bouillon. On y ajoute ensuite viandes (boeuf, porc, poulet, dont : lard fumé, queues de cochon, petit salé), produits de la mer (poisson boucané, chancres, crevettes) et légumes (haricots verts, épinards pays, concombres piquants, concombres longes (courge vert pâle), choux, aubergines). Après 12 heures de dessalage, le plat doit mijoter au moins 7 heures : c'est une recette au long court et un plat collectif par excellence (on prépare au bas mot pour 10 personnes d'un coup) ! Si vous êtes curieux, la recette détaillée se trouve ici.

 

Le bouillon d'awara est si emblématique de la période pascale qu'un grand concours est organisé sous l'égide de la radio-télévision guyanaise le samedi de Pâques. C'est l'occasion d'acheter une portion familiale et de goûter ce plat traditionnel (parce qu'il n'est pas envisageable de le préparer soi-même, soyons réalistes) : comptez 25 euros la barquette d'un kilo. C'est assez bon, mais un peu salé... Et à l'instar de nombreux plats créoles, il faut trier un peu car l'assiette contient aussi quelques os et morceaux gras (toutes les pièces de viande sont utilisées, pas de gaspillage).

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 17:18

Une saison, un trimestre... Il y a trois mois jour pour jour, nous débarquions en Guyane !

 

Que de chemin parcouru, comme cela semble loin... Il me semble aujourd'hui que nous vivons ici depuis bien plus longtemps. Nous avons pris nos marques, installé notre nid, rodé nos (nouvelles) habitudes, défriché les itinéraires du quotidien, noué de nouveaux liens - bref, nous vivons à présent comme des Guyanais.

 

Couleur locale, jusqu'à notre épiderme harmonieusement hâlé.

 

L'autre jour, au marché, j'ai aperçu un "métro" fraîchement débarqué. Touriste ou nouvel arrivant, peu importe, il ne pouvait passer inaperçu simplement en affichant un air décontracté. Il était d'une pâleur saisissante, "yaourt" comme on dit parfois ici. Les repères changent, car tous les épidermes sont au minimum ambrés en Guyane. Une peau diaphane est immédiatement visible, car elle sort du lot commun. Inutile, donc, de croire que l'on peut immédiatement se fondre dans la foule, comme je le croyais naïvement à mon arrivée...

 

Le climat ? On s'y fait, et je me surprend à présent à remonter la clim' la nuit ou carrément à la couper. Et oui, à la longue, 26°C, cela devient "rafraîchissant", le confort thermique tournant désormais autour de 28-29°C : tout est relatif, comme disait Albert... A ce compte, la Métropole paraît encore plus lointaine quand, aux infos, on annonce des températures négatives sur l'Hexagone.

 

On se sent aussi moins concernés par l'actualité nationale, les petites joutes politiques, les petites polémiques, les faits divers, les manifs et les grèves, les problèmes à la SNCF/RATP (pas de trains en Guyane), le prix des carburants à la pompe (il est fixé par arrêté préfectoral en Guyane), le métro-boulot-dodo... Le changement d'heure, tiens ! Ici, on vit avec le soleil qui se lève immuablement vers 6h30 pour se coucher tout aussi systématiquement vers 18h30. C'est l'éternel été, pourquoi changer d'heure ? Alors que la Métropole débat une nouvelle fois (car c'est un marronnier) sur le réglage du réveil (dans quel sens tourner les aiguilles ?) ou sur la difficulté de surmonter une heure de décalage horaire (avec le concours obligatoire d'un chronobiologiste), en Guyane c'est totalement transparent (ah bon, c'est le changement d'heure ?). Il faut juste prévenir la famille et les amis que le décalage horaire s'est accentué avec la Guyane : 5 heures en "heure d'été" au lieu de 4 en "heure d'hiver"...

 

Finalement, aussi, on zappe plus souvent sur Guyane 1ère que sur les grandes chaînes nationales, d'autant que les infos perdent en spontanéité et en fraîcheur quand elles arrivent avec 5 heures de différé (le JT de 13h de France 2 est diffusé en Guyane à 14h heure locale, soit 19h pour la Métropole : il faut avouer que cela manque un peu d'attrait). Et puis, les programmes en prime-time démarrent entre 21h35 (France Télévision) et 21h45 (TF1, M6) sur les chaînes classiques, ça fait un peu tard quand on se lève tôt. On regarde moins la télé en soirée, on se couche de bonne heure (sans regret).

 

Même les arbres, pourtant immenses, nous semblent à présent "normaux". Je me souviens, le premier soir en rentrant de l'aéroport, de l'impression ressentie en apercevant pour la première fois un fromager en bordure de route (tout le monde connaît cet arbre à Cayenne, il est à Montabo, devant une station service dont il occupe l'essentiel de l'espace : c'est un arbre sacré, comme tous les fromagers, pas question de le déloger !). Il m'avait paru immense et incroyablement majestueux. Les voitures qui défilaient à ses pieds me semblaient minuscules... Aujourd'hui, quand je passe devant cet arbre, je le trouve toujours aussi beau, mais il se fond désormais dans le paysage. Je me suis habituée aux arbres géants. Il ne sort plus de "l'ordinaire".

 

Changement d'échelle...

 

Voilà, troisième bilan... Positif, encore une fois. Et me voici de retour sur la blogosphère après une longue interruption : la faute à mon ordinateur, qui m'a brutalement lâchée après une chute fatale (merci Bébé !). Retour des articles et des photos, donc, et prochain bilan le 29 juin, pour fêter 6 mois de présence en Guyane.

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 18:20

Deuxième jalon temporel, second bilan... 

 

Adaptation

 

Il nous a fallu environ deux semaines pour (vraiment) nous habituer au climat équatorial. Avant, on "supporte" plus ou moins bien la température, mais on ne peut pas dire qu'on soit à l'aise. Les premiers jours, nous dégoulinions de sueur et l'air nous paraissait lourd (à cause de l'humidité ambiante élevée). Au bout d'un mois, ce ressenti a bien évolué ! On mettrait même une "petite laine" certains soirs (22°C, brrrrrr !). Inutile de préciser que la clim' est beaucoup moins utilisée la nuit (sauf pour le bébé, par précaution, réglée sur 24°C). Idem pour les moustiques : il faut bien deux semaines pour commencer à avoir la paix...

 

Côté vêtements, on a vite oublié les tenues couvrantes soit-disant estivales : exit les pantalons ("légers" mais beaucoup trop chauds), les manches longues (même le soir ou en forêt : insupportables dans un premier temps) et les jupes/robes longues (la sueur qui ruisselle le long des jambes, beurk !). On adopte avec délice : les shorts, les débardeurs, les tongs. Et  pour bébé, la tenue minimaliste est de rigueur dans la maison : une couche-culotte, point barre.

 

Nourriture

 

Un seul mot d'ordre : goûter ! Et côté découverte, il y a vraiment de quoi faire : fruits (goyave, papaye, bacove, maracuja, mangue, ramboutan, parépou, chadek, pomme rosa, cerise pays, etc...), légumes ou féculents (dachine, gombo, piment de Cayenne, igname, concombre piquant, etc...), spécialités (couac, salade de papaye verte, poulet boucané, fricassée de porc, soupes Hmong, etc...),  gibier local (tapir, pécari, cabiaï, hocco, etc...), sans oublier le rayon liquide (ti-punch et autres coktails exotiques à base de rhum, cachiri, caipirinha, guaranà, etc...). Il faut oser et ne pas s'arrêter sur un échec. La préparation (réussie) du couac ou de la dachine, par exemple, nous a demandé plusieurs essais (j'y reviendrai dans un prochain article).

 

Santé

 

Rien à signaler d'alarmant ! Pas de palu, de dengue ou autre maladie tropicale effrayante à l'horizon, malgré le succès (indéniable) que nous avons rencontré avec les moustiques les premiers jours. En revanche, nous n'avons pas échappé à la tourista, un épisode digestif gênant mais bénin et de courte durée (2-3 jours maximum). C'est le prix à payer, semble t-il, pour une parfaite adaptation à la nourriture locale (voir au dessus). A ce sujet, il ne faut  JAMAIS négliger de bien laver tous les fruits et légumes (en particulier achetés au marché) avant de les consommer (surtout crus), afin d'éviter certains désagréments sérieux (hépatite A, typhoïde) ! Ne pas oublier non plus de s'hydrater abondamment (sinon gare à la cystite, je parle d'expérience !).

   

Eloignement

 

C'est le plus dur : la famille et les amis sont loin ! Heureusement, il y a Skype pour s'appeler en visiophone gratuitement grâce à internet (bien mieux que le téléphone !) et les e-mails (nettement plus rapides que le courrier : compter une semaine de délais d'acheminement par la Poste). L'objectif ultime : convaincre les proches de venir nous rendre visite en Guyane (la mauvaise réputation du pays les décourage et il faut redoubler de pédagogie !). 

 

Découverte du pays

 

Bon début pour nous ! Pour le moment, nous avons essentiellement gravité dans la région de Cayenne, en profitant des week-end pour nos excursions et en ciblant ce qui est praticable en famille (le porte-bébé est un accessoire indispensable !). A notre actif pour ce premier mois de vie en Guyane : le Mont Bourda (forêt secondaire), massif de Lamirande (forêt primaire), zoo de Guyane (Macouria), salines de Rémire-Montjoly, Montravel, Cayenne et son marché, Cacao (village Hmong) et son marché dominical, Roura (charmant village sur les berges du fleuve Mahury), carnaval (défilé costumé dans les rues de Cayenne le dimanche, pas les soirées dansantes "touloulou"). Et bien sûr, nous avons testé un panel de plages : Zéphir/Montabo, Rémire-Montjoly, Bourda, avec une mention spéciale pour la plage des fromagers de Montravel car les petits peuvent y barboter sans danger (pas de grosses vagues).

 

Au programme à court terme : décollage d'Ariane (le 15 février, cuvée spéciale car lancement n° 200), visite du CSG (Centre spatial guyanais) et du musée de l'espace, Kourou et sa parade de carnaval (chars genre brésiliens), l'ilet "la Mère" (colonie de singes saïmiri). Incontournables, mais à plus long terme : le marais de Kaw (nuit en pirogue - avec des guides ! - à la recherche des caïmans noirs, mais sans les enfants), ponte des tortues marines, les îles du Salut, St Geoges de l'Oyapock et le Brésil, St Laurent du Maroni et le Surinam, Saül (enclave en pleine forêt amazonienne)...

 

Population

 

Grande diversité culturelle et cohabitation paisible : Créoles, Hmong, Bushinenge (Noir Marron), Amérindiens, Chinois, Brésiliens, Surinamiens... Les gens sont sympas et plutôt ouverts, mais chacun reste globalement chez soi. Nous avons, par exemple, des voisins Créoles, discrets et aimables, mais n'avons pas (encore ?) eu l'occasion de sympathiser. Venant de Groix, petite île où tout le monde se connaît et discute facilement, c'est vraiment différent !

 

Il faut aussi apprendre à être patient, spécialement dans les services publics, où les queues s'allongent très vite (La Poste, ah la la !). D'une manière générale, les gens sont assez "cool" au travail (y compris les entrepreneurs privés) et le tutoiement est fréquent (à adapter quand même en fonction du contexte professionnel !). 

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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 13:58

Il pleut des hallebardes sans discontinuer depuis cette nuit, et c'est parti pour durer ! Une journée à ne pas mettre (même) un Breton (pourtant habitué à l'eau) dehors... La faute à la ZIC (non, pas la musique ! La Zone Intertropicale de Convergence), qui est centrée sur la Guyane.

 

Ô, bruit doux de la pluie (doux ? ce sont des cataractes !), par terre et sur les toits... Du coup, on apprécie d'être au sec (et au chaud, parce qu'il fait quand même un agréable 24-25 °C), et on s'occupe gentiment (internet, DS, jeux de carte, lecture, TV... ). Et un jour comme celui-là, on apprécie aussi d'habiter une maison lumineuse, avec des grandes baies vitrées qui laissent (encore et malgré tout) passer (mais plus modestement) la lumière. Parce qu'aujourd'hui, le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle, et de l'horizon embrassant tout le cercle, nous bouche toute perspective sur les collines et la forêt environnantes, noyées dans la brume... Et sur les routes, il y a 10-15 cm d'eau qui ruisselle...

 

Seul Philippe, par obligation professionnelle, a du sortir ce matin et vient juste de rentrer, vêtements dégoulinants d'eau et trempé jusqu'aux os (mais bon, il faut relativiser un peu quand même, ici l'eau est tiède !). Et pour vous donner une meilleure idée du déluge, cliquez sur le lien ci-dessous pour visionner une brève vidéo alliant le son à l'image...


Jour de pluie en Guyane 

 

Dernière minute : rectification, après la pluie, le beau temps arrive toujours sans crier gare. La pluie a cessé vers 13h et le soleil brille franchement à présent, avec des températures à la hausse...

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 17:53

Pour marquer comme il se doit ce premier jalon temporel, je vous propose un petit jeu du vrai/faux sur le thème de la vie en Guyane. Prêts ? C'est parti !

 

1/  La Gyuane est un "enfer vert" : FAUX. La Guyane est luxuriante et riche d'une végétation tropicale spectaculaire et d'une diversité rare. Pour s'en convaincre, une petit coup d'oeil à l'album consacré à la forêt primaire de Lamirande devrait suffire. Nous y avons fait dimanche matin, 2 janvier, un trek de 2-3 heures à couper le souffle (aux deux sens du terme car ça grimpe pas mal par moment).

 

2/  La Guyane est infestée de moustiques : VRAI et FAUX. Premièrement, le mot est vraiment trop fort et, deuxièmement, ça dépend des saisons. En saison sèche, pas de moustiques en vue. En saison des pluies, par contre, ils arrivent (malheureusement, car j'ai toujours eu beaucoup de succès avec les moustiques !). Il y a donc des moustiques en Guyane, certes, mais ce n'est pas du tout l'invasion comme le prétendent les détracteurs de la Guyane : on est bien loin du nuage avide de sang qui vous fonce dessus ! J'y reviendrai dans un prochain article, car le sujet mérite un développement plus conséquent.

 

3/ Il faut faire attention aux "bestioles" :  FAUX. Encore un préjugé coriace : la Guyane pullulerait de bêtes dangereuses en tous genres (serpents venimeux, mygales, caïmans, jaguars) acculant les résidents à la plus grande prudence. Et bien, non, désolée de contredire les mauvaises langues ! Pour croiser les "bestioles" en questions, il faut se rendre dans leur habitat (= forêt profonde ou marais) et bien chercher (car elles fuient l'homme). On ne les trouve pas dans les maisons en zone urbaine.

 

4/ Le taux de mortalité est faible en Guyane : VRAI. C'est le taux le plus bas de France (au sens large, en incluant les DOM-TOM). Preuve que l'on survit sans problème ici ! Il est vrai, aussi, que la Guyane est le département français dont la population est la plus jeune (la natalité se porte très bien en Guyane)...

 

5/ Le climat équatorial est malsain :  FAUX. Le climat équatorial est chaud (30-35°C le jour, 23-27°C la nuit) et humide (80 % d'humidité relative), mais c'est supportable ! La tenue de rigueur est minimaliste (short, débardeur, tongs, c'est parfait !), la climatisation bienvenue dans les chambres et les gens se reposent aux heures chaudes (14h-16h) en saison sèche (car 5°C plus chaude), voilà. En résumé, c'est l'été toute l'année !

 

6/ La vie est chère en Guyane : VRAI et FAUX. . Cela dépend des produits (voir l'article : Faire ses courses en Guyane). Pour les produits frais qui ne sont pas d'origine locale , c'est nettement plus cher qu'en Métropole. Les produits locaux, en revanche, sont plus qu'abordables, surtout si on s'approvisionne au marché. Les loyers sont assez chers (pas grand chose en dessous de 700-800 euros), mais très raisonnables si l'on compare avec la région parisienne (une maison se loue entre 1200 et 1500 euros en moyenne).

  

7/ Guyane est un coupe-gorge : FAUX. Et pourtant, que cette affirmation est relayée avec force sur internet, au point sans doute de dissuader beaucoup de candidats à l'expatriation ! Certains quartiers sont à éviter strictement la nuit, c'est vrai : typiquement, La Crique à Cayenne (= le quartier où se tient de jour le marché). Pour le reste, des précautions de base suffisent amplement (la région parisienne et ses transports en commun sont nettement plus dangereux).

 

8/ Les cambriolages sont fréquents en Guyane : VRAI. C'est la raison pour laquelle les maisons sont sécurisées avec des grilles de fer forgé pour renforcer les ouvertures (portes et fenêtres). Un chien ou deux est une sécurité supplémentaire pour éviter les intrusions.

 

9/ Il y a de gros risques avec les maladies tropicales en Guyane : FAUX. Il y a des maladies tropicales en Guyane, comme dans toutes les zones tropicales, mais plutôt moins qu'en Asie du sud-est ou en Afrique sub-saharienne. Il est aisé de s'en protéger avec des vaccins, de la prophylaxie de base, et en se protégeant des moustiques dans les zones à risques. J'y consacrerai un article complet prochainement.

 

10/ Les armes sont en vente libre en Guyane : VRAI, pour les fusils de chasse ! Il n'y a pas de permis de chasse en Guyane, en conséquence les résidents sont autorisés, moyennant une simple déclaration en préfecture, à se procurer une arme de chasse et à chasser sans autre formalisme.

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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 13:58

En Guyane, la petite saison des pluies se situe de décembre à février. Et, contrairement à ce que l'on pourrait croire, en saison des pluies il ne pleut pas tout le temps - loin s'en faut ! En général, les journées sont belles et chaudes (mais moins torrides qu'en saison sèche). Le soleil n'est pas avare et reste très largement présent.

 

Contrairement aux perturbations de Métropole, pendant lesquelles il pleut quasi sans discontinuer, avec un ciel très couvert, la pluie se présente en Guyane sous forme d'averses tropicales sporadiques : elles sont très intenses (pour ne pas dire torrentielles), très soudaines (le temps peut changer en quelques minutes seulement) et généralement de courte durée (comme un gros grain, mais en nettement plus fort). Ensuite, le soleil revient très vite avec un ciel bleu et dégagé, et même la terre ressuie très rapidement.

 

Les grosses averses sont fréquentes en fin de journée, et il pleut fréquemment la nuit (parfois toute la nuit).

 

Avec un peu d'habitude, on peut prédire l'imminence d'une averse tropicale : un vent de pluie (parfois assez fort) se lève brutalement et une masse anthracite apparaît à l'horizon (ce sont des cumulo-nimbus chargés d'eau). On peut même voir le rideau de pluie se déplacer !

 

Enfin, et c'est le vrai point négatif, la saison des pluies signe l'arrivée des moustiques, qui ne sont toutefois pas si nombreux que les mauvaises langues veulent bien le dire : cela fera l'objet d'un prochain article. D'ici là, n'hésitez pas à consulter l'album photo consacré aux averses tropicales !

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D'une île à l'autre...

De l'île de Groix à "l'île" de Cayenne, nous sommes passés d'une rive à l'autre de l'Atlantique...

 

Voici le récit de notre expatriation, des informations pratiques sur la vie quotidienne et un tour d'horizon des sites incontournables à visiter. Sans oublier, bien sûr, la fusée Ariane et la découverte de la faune et de la flore exceptionnelles de ce luxuriant coin de France en Amérique du Sud... 

 

Bonne visite à tous et bienvenue, en particulier, à nos proches et à nos amis Groisillons... 

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Le blog «Vivre En Guyane» existe depuis janvier 2011… Vous pouvez trouver facilement des articles sur la vie quotidienne en Guyane avec ce formulaire de recherche. Pour plus d'infos, consultez le portail web de référence associé à ce blog : www.vivreenguyane.com

 

Bonne lecture !

 

Distinctions

"Vivre en Guyane" a été élu "blog du mois" par l'annuaire spécialisé Expat'Blog en février 2011. Pour voir l'interview de l'auteure réalisée à cette occasion, cliquer ici

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Prises de vue effectuées avec un APN compact (facile à emporter dans une poche), modèle Samsung PL151, résolution 12 Mpx, flash désactivé en permanence. Complété en juillet 2011 par le bridge Sony DSC HX-100V, résolution 16 Mpx, toujours sans flash...

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