12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 18:56

Le lanceur russe Soyouz s'élançait aujourd'hui, 12 octobre 2012, pour la troisième fois depuis le sol guyanais, près d'un an après son vol inaugural en Guyane. Et pour la première fois en journée (les précédents décollages étaient programmés de nuit). Le vol VS03 (pour Vol Soyouz n° 3) a quitté Sinnamary à 15 heures 15 minutes et 1 seconde, emportant dans sa coiffe deux satellites de communication Galileo : FM3 et FM4. 


Un nouveau succès pour Soyouz en Guyane
 

La météo des derniers jours ayant été peu clémente (trois jours de déluge évoquant un retour anticipé de la saison des pluies) et le ciel demeurant chargé de nébulosités, nous n'avons pas tenté le voyage (1h30 de route aller au bas mot) et nous sommes contentés de guetter la fusée depuis la plage de Zéphyr Montabo, l'un des meilleurs sites d'observation sur l'île de Cayenne en raison de sa perspective dégagée.


L'heure venue, Soyouz s'est matérialisée sous la forme d'un minuscule point lumineux émergeant de la cime des arbres, quasiment indiscernable. L'essentiel du spectacle résidait dans la traînée de gaz de combustion, assez semblable au sillage d'Ariane si ce n'est sa taille réduite. Il aura fallu attendre de longues minutes pour entendre, au delà du ressac, un grondement très grave : à l'oreille, le spectre sonore de Soyouz semble déporté vers les infrasons par comparaison avec le crépitement caractéristique d'Ariane...
 

N'oubliez pas de consulter l'album photo consacré à VS03 (mes premières photos de Soyouz en Guyane) !

En savoir plus sur Soyouz VS03 :

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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 22:58

Nouveau décollage d'Ariane, nouvelle expérience : après avoir testé en famille le site de Carapa, la plage des Roches à Kourou, et la plage de Zéphyr-Montabo à Cayenne, nous voilà sans les enfants sur le site rapproché d'Agami pour le vol VA 209. Un grand merci à Peggy et Marc pour ce must du panthéon guyanais ! Car Agami, tout comme la fameuse salle de contrôle Jupiter, n'est accessible que sur invitation... Et réservé aux plus de 16 ans : pour la première fois depuis que nous vivons en Guyane, Katell et Riwal ne sont pas à nos côtés.

H0 - 4h30 : départ pour Kourou

La fusée prend son envol à 18h18 du pas de tir de Kourou, mais le rendez-vous avec les équipes du CSG (Centre spatial guyanais) est fixé entre 14h45 et 15h45. Nous partons donc à 13h45 de Cayenne : assister à un décollage depuis Agami mobilise une demi-journée, il faut le savoir. Nous devons nous rendre à la médiathèque de Kourou, où nous laissons notre voiture. Une armada de cars affrétés par les équipes du CSG sont stationnés devant le bâtiment, dont le parking est gardé par des véhicules de gendarmerie. Un jour de lancement, les forces de l'ordre sortent en force !


Arrivés sous l'esplanade couverte munis de notre précieux sésame (un carton d'invitation personnalisé) et d'une pièce d'identité (obligatoire : passeport ou carte d'identité en cours de validité), nous découvrons une enfilade de tables derrières lesquelles des hôtesses vêtues de polos violets arborant le logo du Cnes attendent les invités de la fête aérospatiale. Nous nous présentons et récupérons un badge à porter autour du cou, assorti d'un succinct dossier technique sur la mission VA 209 (collector, il va sans dire).

H0 - 2h00 : en route pour Agami

Il est 15h00 et nous avons maintenant une heure devant nous avant l'embarquement annoncé dans l'un des huit bus réservés. Nous nous installons sous le carbet de la médiathèque, adossés à l'un des poteaux massifs qui soutiennent la charpente, notre matériel de prise de vue à nos côtés : bridge capable de filmer en ultra-HD, appareil photo de poche, pied léger acheté pour l'occasion. Pas d'extra, les gros sacs ne sont pas autorisés pour des raisons de sécurité et en application du plan Vigipirate...

Progressivement, les gens affluent et bientôt nous sommes agglutinés le long des autocars. Après un nouveau temps d'attente et une fouille des sacs, nous montons dans le bus n°3 vers 16h15 et le convoi s'ébranle. Le trajet dure une heure. Le temps pour les animatrices du CSG de nous montrer, à la manière des hôtesses de l'air, comment enfiler un masque à gaz : selon les conditions météo, les sites rapprochés sont soumis à des retombées acides issues des gaz de combustion. Principe de précaution oblige...

 

H0 - 15 minutes : arrivée sur site

 

A mi-chemin, le bus oblique sur une piste forestière dont l'accès est contrôlé par une escouade de gendarmerie : nous pénétrons sur le territoire du CSG. Encore huit kilomètres au ralenti sur la latérite avant d'atteindre le site Agami, isolé sur une hauteur. Quelques sept kilomètres plus loin, la piste mène directement à Ariane...

Arrivés sur place, nous découvrons une aire bitumée, parée de deux vastes chapiteaux bâchés de blanc et bien équipés : rangées d'écrans télé en hauteur et autant de sièges à couvert que de convives. Et derrière ces kiosques, une trouée dans la forêt ouvre sur le pas de tir d'Ariane 5 et, un peu en retrait, de Véga (le petit lanceur italien est installé non loin). La vision vaut le détour ! On distingue nettement la fusée et déjà la foule se hâte vers le promontoire. Les pieds photos fusent en première ligne, les gens dégainent leurs appareils, certains s'assoient. Dans les hauts parleurs, on diffuse les messages de sécurité...

 

H0 : top, décollage

 

Le relais passe au présentateur qui commente le décollage en direct depuis la salle Jupiter. Chaque lancement est, en effet, diffusé en simultané à la radio et à la télévision sur l'antenne de Guyane 1ère... Je bascule le Sony en mode vidéo HD tandis que Philippe immortalise quelques instantanés avec le petit Samsung. A peine le temps de faire quelques plans de coupe et de tester les réglages que la dernière minute est annoncée par le Directeur des opérations (DDO dans le jargon aérospatial). Le jour décline mais il y a encore de la lumière : idéal pour réaliser de belles images.

J'appuie sur le déclencheur et je laisse filer. Pas question de manquer le décollage en restant les yeux rivés sur un écran, je veux vivre pleinement le spectacle ! Et quel spectacle ! Le ciel s'embrase dans un déferlement d'énergie, rattrapé par le grondement des moteurs. A sept kilomètres de distance, le son et l'image sont quasiment synchrones. Puis Ariane s'élève avec autant de détails que sur les retransmissions officielles : un moment de pur bonheur pour un(e) fan de conquête spatiale !

H0 + 2 minutes : évacuation !

 

Mais l'engouement est de courte durée. Les nuages sont de la partie et un vent contraire souffle vers notre point d'observation. Très rapidement, la fusée disparaît dans la voûte opaque pour ne réapparaître qu'en altitude, tandis qu'une nébuleuse de gaz flotte dans notre direction. Il n'en faut pas plus pour qu'une voix nous annonce haut et fort l'évacuation immédiate du site. On nous rabat prestement vers les cars et nous voilà repartis vers Kourou...

Nous y seront vers 19h30, et de retour à la maison pour 20h30.

Bilan : un décollage spectaculaire mais bref et sept heures bloquées pour un quart d'heure in situ.

Une affaire de passionnés.

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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 00:26

En attendant l'article détaillé et les photos du décollage d'Ariane depuis le site rapproché d'Agami... Cliquez sur le carré violet avec le triangle orange pour visionner la vidéo. 


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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 22:45

Retour à mes premières amours aérospatiales : ce soir, c'est Ariane qui décollait de Kourou, à 19h13 heure de Guyane. Et oui, on a beau avoir trois lanceurs sous l'équateur (avec la russe Soyouz et l'italienne Vega), Ariane reste de loin la plus spectaculaire et celle que je préfère ! Bien que mythique, Soyouz est nettement moins impressionnante, notamment à l'oreille, et Vega moins visible dans le ciel...


Choisir le bon site d'observation sur Cayenne


Seul bémol du jour : impossible d'aller à Kourou, pour cause d'horaires professionnels incompatibles. Pas évident, en effet, quand on travaille à Cayenne et qu'on termine sa journée à 18h30... Qu'à cela ne tienne : faisant contre mauvaise fortune bon coeur, c'est l'occasion de tester un nouveau point d'observation familial. Nous avons donc jeté notre dévolu sur la plage de Zéphyr, bien orientée sur le trait de côte par rapport à Kourou et bien dégagée a priori pour observer la trajectoire de la fusée.


Nous voici donc à la tombée de la nuit, perchés sur les rochers, au pied du mont Bourda. Comme à l'accoutumée, les enfants sont avec nous, même Riwal du haut de ses deux ans et demi. Encore une fois, pas question de les laisser de côté ! La pointe rocheuse est aisément accessible par un chemin ensablé qui la longe, c'est tous publics...


Nous patientons une dizaine de minutes tandis que de lourds nuages d'averse menacent et s'amoncellent. Et soudain, lumière : une lueur jaune-orangée embrase l'horizon vers le milieu de la plage (nous sommes avancés vers la mer et pouvons balayer l'anse du regard), derrière la colline de Montabo. C'est facile à repérer : il y a de gros projecteurs illuminés sur son sommet (une station de suivi radar pour le contrôle de trajectoire des lanceurs)...


Un bon compromis visuel


Le spectacle est au rendez-vous, malgré la distance : nous voyons très bien Ariane s'élever dans le ciel nocturne et suivons sans difficulté sa trajectoire, jusqu'à observer distinctement la séparation des deux boosters latéraux (étages accélération à poudre, EAP pour les intimes) ! Visuellement, le site tient ses promesses, presque aussi bien que la plage des Roches à Kourou...


Côté sensations, en revanche, force est de reconnaître que ce n'est pas la panacée : le son arrive avec un gros décalage (la fusée a déjà disparu dans l'espace) et sur des gammes de fréquence assez différentes. Pas de crépitement intense qui envahit l'atmosphère, pas de perception physique (un décollage, ça se ressent autant que cela ne se voit quand on est assez proche) : à Zéphyr, on entend juste un grondement sourd, très grave (décalage vers les infrasons ?) et assez lointain qui résonne dans le ciel et se noit dans le va-et-vient du ressac.


Moins sensuel...

 

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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 07:20

Ce vol inaugural porte le code VS01 (Vol Soyouz n°1) pour les intimes. Un moment historique dans l'histoire de la conquête spatiale, puisque c'est la première fois qu'une fusée "s'exporte" dans un autre pays (et continent : l'Europe politique et l'Amérique du Sud géographique). Inimaginable voici quelques années, alors que nous nous apprêtons à commémorer en décembre le 20e anniversaire de la chute du bloc soviétique (l'URSS a cessé d'exister le 26 décembre 1991, remplacée par la CEI, à laquelle appartient la Russie)...

 

Report technique et météo capricieuse

 

Initialement prévu pour le 20 octobre à 7h34 heure de Kourou, ce premier vol a été reporté une première fois, en raison d'un incident technique : une valve défectueuse lors du remplissage des réservoirs de carburant a provoqué l'arrêt de la chronologie de lancement. Au terme d'une nuit d'insomnie pour assurer cette grande première, les équipes du CSG (Centre spatial guyanais) se sont remises au travail d'arrache-pied pour limiter le report à 24 heures. Il faut dire, aussi, qu'il y avait du beau monde pour ce premier tir de la fusée Soyouz : Laurent Wauquiez, Ministre français de l'enseignement supérieur et de la recherche, et Sergueï Ivanov, vice-premier ministre russe chargé de l'industrie de défense et de la diversification de l'économie civile, ont fait le déplacement jusqu'à la salle Jupiter...

 

Nous voici le 21 octobre, il est 7 heures 30 minutes et 27 secondes : H0. Le ciel est très couvert. Des averses et un orage omniprésent obtruent complètement l'horizon guyanais. Il sera difficile d'observer le décollage de Soyouz car les conditions météo sont très difficiles. En outre, l'horaire matinal inhabituel (les lancements d'Ariane étant généralement programmés en soirée) complique considérablement la tâche : difficile, en effet, de concilier travail et école avec le suivi optimal du décollage quand on habite à Cayenne (43 kilomètres de Kourou)...

 

Un succès transcontinental mais quasi-invisible

 

Nous optons donc pour un repli stratégique sur la plage de Zéphyr-Montabo, en choississant le promontoir rocheux au pied du Mont Bourda. Cette avancée en mer est parallèle aux barres rocheuses de la plage des Roches de Kourou, site d'observation familial privilégié pour admirer Ariane. Nous surveillons l'heure et scrutons l'horizon d'un oeil inquiet : de lourds et opaques paquets de nuages s'amoncellent vers l'Ouest, mauvais présage ! Quelques curieux ont également fait le déplacement, appareil photo performant en main, dans l'espoir d'apercevoir, comme nous : un flash lumineux, une boule incandescente, un panache luminescent et vaporeux au dessus de la mer.

 

Nous ne verrons... RIEN. L'heure fatidique est arrivée (il faut attendre 17 secondes après l'allumage des quatre propulseurs avant le décolage effectif), nous avons redoublé notre vigilance, en vain. Pas même un point lumineux ou une auréole de lumière. Même pas un artefact de trajectoire dans la voûte nuageuse. Puis, au bout de longues secondes, un grondement sourd et profondément grave s'est fait entendre et s'est amplifié sur le fond sonore du ressac. Un bruit parfaitement reconnaissable pour un initié, même s'il est moins crépitant et puissant que la signature d'Ariane. Nous avons deviné que Soyouz avait bel et bien décollé : nous l'entendions gronder dans l'atmosphère...

 

Retour à la maison, déçus, forcément. Vérification à la télé pour en avoir le coeur net, sur Guyane 1ère (la chaîne guyanaise diffuse un programme spécial en collaboration avec le Cnes pour chaque lancement). Nous suivons quelques instans les explications techniques et retournons bien vite à nos obligations quotidiennes. C'est l'heure de passer à autre chose !

 

Pour en savoir plus sur ce premier vol historique de Soyouz en Guyane, n'oubliez pas de consulter :

 

♦ L'album photo consacré au vol inaugural de Soyouz en Guyane (avec des clichés officiels) ;

♦ La page dédiée à la première mission Soyouz guyanaise (site de l'Esa) ;

♦ Le dossier technique du VS01 (Arianespace) ;

♦ La vidéo du lancement (Cnes).

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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 17:41

22 avril 2011, encore un moment magique avec Ariane ! Cette fois, nous avons testé un nouveau poste d'observation : la plage de Kourou, l'objectif étant toujours de privilégier l'aspect familial. Pas question, encore une fois, de laisser les enfants de côté pour assister au spectacle ! Il faut dire que, pour les moins de 16 ans, les possibilités sont très restreintes avec les sites administrés par le Centre spatial guyanais (CSG pour les intimes) : seul le Mont Carapa est accessible en famille, pour des questions de sécurité des spectateurs. Les autres sites en plein air sont plus proches du pas de tir (Agami et Toucan, respectivement 7,5 km et 5,1 km de la fusée) et donc susceptibles de recevoir des retombées acides après le décollage, surtout par temps de pluie. Il est bien évident que ce n'est pas la place de jeunes enfants, compte tenu des aléas (lesquels appellent, en cas de risque avéré, un repli stratégique dans les cars - affrétés pour l'occasion - sous la direction d'un agent du CSG). La salle Jupiter, quand à elle, est d'accès réglementé pour garantir la sûreté des opérations de décollage. Elle est réservée aux adultes sur invitation spéciale, avec vue imprenable sur le centre de contrôle, sortie en terrasse pour admirer le décollage aux premières loges et option champagne et petits fours en bonus, si le lancement s'est déroulé sans anicroche...

 

H0 - 30 minutes : en route !


Pas de stress, cette fois-ci. Aucun contrôle n'est requis pour se rendre sur la plage de Kourou, pas d'horaire limite, pas de numerus clausus... Il suffit de trouver le bon site d'observation. Or, Kourou est en bord de mer et s'étire sur une longue frange littorale : les plages ne manquent pas. Renseignements pris avec les locaux (c'est tout l'intérêt d'avoir des contacts sur place), c'est à la Plage des Roches qu'il faut se rendre. La route parallèle au front de mer y mène, en direction de la Tour Dreyfus, après avoir longé la Plage de la Cocoteraie (reconnaissable à ses très nombreux palmiers), et traversé le parking de l'Hôtel des Roches (on peut y stationner facilement). Des cars de police et des camions militaires s'y installent également le temps du lancement.

 

Nous voilà donc garés, bébé dans les bras, et cabas de supermarché en main (avec l'apéro, l'appareil photo, une petite radio pour suivre la chronologie du lancement et le nécessaire de puériculture), avançant d'un bon pas sur la grande plage. Le décollage est prévu à 18h37, ce qui devrait nous permettre une observation de jour (pour le vol 200, à Carapa, il faisait quasiment nuit). Autre changement notable : le ciel est bien dégagé et il devrait être facile de suivre l'intégralité de la trajectoire parabolique d'Ariane, jusqu'à la séparation des EAP (étages accélération à poudre = boosters). La dernière fois, il pleuvait à torrent cinq minutes avant le décollage et Ariane s'était rapidement enfoncée dans un horizon opaque et bouché, disparaissant de notre vue en moins de 30 secondes... Saisissant, mais un peu frustrant !


H0 - 15 minutes  : suspens...


Nous voilà confortablement installés sur l'une des barres rocheuses qui s'avancent dans la mer, perpendiculairement au rivage (elles se succèdent en une série de quatre ou cinq, distantes d'une cinquantaine de mètres). Les gens affluent progressivement et peuplent les rochers avoisinants. Ce n'est pas la foule pour autant : la densité est bien moindre qu'à Carapa et personne ne risque d'obstruer notre champ visuel.

 

Zen.


Il ne reste plus qu'à patienter...


Et espérer ! Parce qu'Ariane n'en est pas à son coup d'essai pour le vol 201. La première tentative (avortée) était programmée le 30 mars au soir, et la déception fut à la hauteur des attentes : alors que le compte à rebours final était échu, le moteur Vulcain s'est embrasé mais les boosters sont restés muets. Un problème de tuyère pendant les 7 dernières secondes de contrôles automatiques a interdit, sur la ligne, l'allumage des EAP et mis un terme à la séquence de décollage. Une panne inédite ! Bien entendu, nous avions fait le déplacement (à Carapa, car nous étions accompagnés d'un visiteur de Métropole)... Il aura fallu trois semaines pour diagnostiquer le problème et y remédier (rien que la vidange des réservoirs sur le pas de tir a nécessité 25 heures, avant le retour de la fusée au bâtiment d'assemblage final).


H0 : c'est parti !


Mais cette fois-ci, pas d'anomalie. Les ingénieurs et les techniciens ont du souffler de soulagement, nous en avons pris plein les yeux ! Ariane décolle sur la pointe de la côte, en face des arrêtes rocheuses où se perchent les spectateurs. C'est logique : l'essentiel de sa parabole survole la mer, question de sécurité pour les populations.

 

De jour, l'allumage des moteurs est moins spectaculaire que de nuit : on a moins l'impression d'un déferlement brutal d'énergie qui embrase le ciel comme une explosion. Il faut dire, aussi, que sur la plage de Kourou, on est plus loin du pas de tir... Par contre, on ne manque rien de l'ascension de la fusée. L'horizon est entièrement dégagé et Ariane passe au dessus de nos têtes émerveillées, laissant dans son sillage un panache blanc et or de gaz de combustion. Qu'un rayon de soleil se prenne dedans, et c'est un tableau céleste qui s'offre à nous ! 

 

Rapidement, la boule de feu surmontée d'une ombre (le corps de la fusée) cède le pas à un sillon incandescent, traversant le ciel comme une comète. 

 

Deux minutes se sont écoulées, le temps de prendre quelques photos mémorables, et déjà il est temps pour Ariane de larguer ses boosters. Elle est à 65 km d'altitude ! Vu du sol, on aperçoit alors trois petits points lumineux qui s'individualisent au sommet de la trajectoire. L'un poursuit sa route vers l'espace (c'est Ariane, propulsée sur son seul moteur Vulcain), et deux retombent de part et d'autre (ce sont les EAP, qui seront récupérés ultérieurement en mer). 

 

Cerise sur le gateau : une minute plus tard, nous avons assisté à l'éjection de la coiffe. Il faut de bons yeux et de bonnes conditions météo, et l'on aperçoit alors deux minuscules éclats brillants supplémentaires, qui chutent dans le sillage de la fusée...

 

Ariane est sortie de l'atmosphère, fin du spectacle.

 

Pour plus d'informations sur Ariane 5 ECA VA201 et les satellites Yahsat Y1A et Intelsat New Dawn, vous trouverez ci-dessous une série de liens à consulter :

 

 Pour visionner le décollage du vol 201 de la fusée Ariane le 22/04/11, cliquer ici.

 Pour voir l'incident de décollage du vol 201 d'Ariane le 30/03/11, cliquer ici.

 Pour lire et/ou télécharger la plaquette technique d'Ariane VA201, c'est ici

 Sans oublier l'album photos dédié au décollage d'Ariane 5 VA201 depuis la plage de Kourou ! 

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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 14:27

Vol 200 pour Ariane, premier décollage pour nous : un grand rendez-vous, très attendu !

 

Bouillonnants d'impatience et bien équipés (parapluies, habillage pluie pour la poussette, lotion anti-moustiques, provisions de bouche, jumelles de poche, appareil photo et cartes d'identité), nous voilà sur le pied de guerre, en partance pour Kourou. Pour vivre l'évènement au plus près, et en famille, nous avons jeté notre dévolu sur le Mont Carapa, l'un des trois sites d'observation Ariane administré par le Centre spatial guyanais (CGS pour tout le monde). Il est distant de 12,5 kilomètres du pas de tir, mais c'est le seul lieu accessible avec des jeunes enfants. Pour accéder aux autres sites, plus proches et plus spectaculaires (Agami à 7,5 km du lanceur, salle de contrôle Jupiter), il faut remplir deux conditions supplémentaires : être titulaire d'une invitation nominative (gratuite sur simple demande au service communication du CSG) et surtout être âgé d'au moins 16 ans. Pour un plan familial avec enfant et bébé, c'est donc raté !

 

H0-3 heures, départ pour Kourou

 

Le site de Carapa est accessible deux heures avant le lancement, sans invitation et sans restriction d'âge (mais avec contrôle d'identité et de sécurité). C'est une colline au sommet de laquelle on accède par un chemin stabilisé en forte pente (15 %) qui décrit un arc de cercle sur 500 mètres : épuisant, mais praticable en poussette. Il draine donc beaucoup de monde. Sa capacité est limitée à 1450 places et chaque personne, quel que soit son âge (même un bébé) se voit délivrer un ticket numéroté à l'entrée. Et une fois le numerus closus atteint, impossible d'accéder à la plate-forme d'observation. Mieux vaut donc se montrer prévoyant...Nous sommes donc partis 3 heures avant le lancement (1 heure de route depuis Cayenne, 2 heures de délais avant le tir pour être présents à l'ouverture du site).

 

Le tir est programmé à 18h50 et 55 secondes, nous sommes le mercredi 16 février 2011. C'est le deuxième essai pour Ariane, le vol 200 étant initialement calé le 15 février à 19h07. Nous y étions aussi, mais un incident technique a interrompu la séquence de lancement à peine quatre minutes avant le décollage... Nous voici donc de retour. Aux premières loges, encore une fois, mais sous une pluie battante. La météo est mauvaise : ciel bas et pesant, couverture de nuages denses, horizon bouché... Ariane n'a que faire de la pluie : du moment qu'il n'y a pas de vent latéral ou de vent d'altitude, elle peut décoller. Les spectateurs, eux, sont quittes pour une douche tropicale et une vision altérée de l'évènement : parapluie obligatoire !

 

V200, mission ATV-2 "Johannes Kepler"

  

Le vol 200 d'Ariane est spécial à plus d'un titre. Outre l'anniversaire symbolique d'une épopée entamée en 1979, la fusée emporte dans sa coiffe un passager d'une taille inhabituelle : le satellite  ATV-2 "Johannes Kepler", un beau bébé de 20 tonnes, le plus gros chargement jamais acheminé dans l'espace par le lanceur européen. Car ATV-2 est en réalité un cargo stellaire, destiné à ravitailler la station spatiale internationale (ISS) en vivres, carburant, oxygène respirable, vêtements et équipements de maintenance. C'est aussi un remorqueur orbital, avec la mission de ramener l'ISS sur une orbite supérieure. Enfin, c'est un éboueur du ciel : les déchets accumulés dans la station spatiale seront stockés dans l'ATV-2 avant d'être brûlés lors de la désintégration finale du satellite dans l'atmosphère...

 

L'enjeu est crucial, et le rendez-vous avec l'ISS d'une précision millimétrique. En conséquence, la fenêtre de tir est réduite à sa plus simple expression : le tir à heure fixe. Impossible de décaler le lancement d'une quinzaine de minutes pour régler un éventuel incident technique. Une fois la procédure de synchronisation enclenchée, le décollage est remis entre les mains virtuelles intransigeantes des ordinateurs. Dans les sept dernières minutes, toute anomalie - même mineure - est synonyme d'un report de tir. C'est ce qui s'est passé la veille : un voyant de jauge d'oxygène a basculé au rouge, le décollage a été ajourné, et la foule déçue est repartie comme un seul homme...

 

H0-7 minutes, synchronisation et décompte final

  

H0-30 minutes. Le jour décline et la retransmission sur écran géant en direct de la salle de contrôle démarre en toile de fond. Elle durera une heure, diffusera des images filmées par les caméras du pas de tir et par des caméras embarquées sur Ariane, jusqu'à la séparation de la coiffe ; montrera la salle Jupiter, ses pupitres, ses ordinateurs, ses ingénieurs, ses VIP ; présentera les courbes de trajectoire et les données techniques de la fusée ; retransmettra pour finir les discours qui suivent immanquablement le succès d'une mission...

 

H0-15 minutes. Il commence à faire sombre. Deux hélicoptères survolent le site de Carapa, pour un ultime contrôle de sécurité. Tout le monde vérifie une dernière fois son matériel de prise de vue.

 

H0-7 minutes, initialisation de la séquence de synchronisation. Tous les voyants sont au vert. La pluie s'est calmée, cédant la place à un faible crachin. Les parapluies sont repliés, les yeux rivés sur l'horizon où un point lumineux luit, chargé de promesses : c'est le pas de tir, quasi indiscernable avec ce temps bouché. On ne distingue pas la silhouette d'Ariane.

 

Dernières minutes sans anicroche et soudain, la voix du Directeur des opérations (DDO) retentit dans les haut-parleurs : "A tous de DDO, attention pour le décompte final : 10, 9, 8...". Au top final, le moteur principal d'Ariane (Vulcain) s'embrase, suivi 7 secondes plus tard par les deux boosters (EAP, pour "étage accélérateur à poudre") : Ariane décolle...

 

18h50mn55s : H0, décollage !

 

dewplayer:http://www.archive-host.com/files/851845/022c6b036027afd5ecfa41107f713317ca892a3a/ArianeV200.mp3&

 

Pour se mettre dans l'ambiance, je vous invite à écouter ce sonore enregistré sur site. Pour plus de réalisme, je recommande de brancher un bon casque sur le PC et de monter le son. Bien sûr, l'ampleur est bien supérieure, nettement plus intense dans la réalité, mais cela donne un bon aperçu : parce que le bruit d'Ariane au décollage fait tout autant partie de l'exotisme technologique que la vision de la fusée s'élevant dans le ciel. A noter qu'avec la distance, le son arrive en décalé (comme le tonnerre, après les éclairs).

 

Que dire du décollage ? L'espace de quelques secondes, il fait jour en pleine nuit ! A l'allumage des EAP, une boule orangée, incandescente, explose comme un soleil éblouissant et grimpe à une vitesse vertigineuse vers les nuages. C'est vraiment spectaculaire. Une clameur de stupeur et d'émerveillement s'élève de la foule, fascinée. C'est alors que la fusée se fait entendre. Un grondement sourd, comme un tremblement de terre. Puis, rapidement, le son enfle, très grave, énorme, profond et crépitant, il roule et se répercute dans le ciel noir... A l'horizon, la nuit est redevenue sombre et des volutes de fumées claires s'élèvent du pas de tir. Ariane a disparu dans les nuages en moins d'une minute. Les gens applaudissent, c'est fini. Nous n'en verrons pas plus ce soir, car des nuages opaques nous empêchent de voir la trajectoire lumineuse de la fusée qui monte vers son orbite.

 

Ce sera pour une autre fois. Peut-être sur la plage de Kourou, très prisée car bien placée, dégagée et tous publics. Il reste encore 5 tirs d'Ariane, 3 lancements Soyouz (le premier en avril) et 1 tir Vega avant la fin de l'année...

  

Pour plus d'informations sur Ariane 5 V200 et sur le satellite ATV-2 "Johannes Kepler", vous trouverez ci-dessous une série de liens à consulter :

 

Pour visionner le décollage du vol 200 de la fusée Ariane, cliquer ici.

Pour consulter le blog de la mission ATV-2, cliquer ici.

Pour lire et/ou télécharger la plaquette technique d'Ariane V200 - ATV-2, c'est ici

Pour voir des photos du décollage d'Ariane 5 V200 depuis Carapa, visitez l'album dédié ! 

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D'une île à l'autre...

De l'île de Groix à "l'île" de Cayenne, nous sommes passés d'une rive à l'autre de l'Atlantique...

 

Voici le récit de notre expatriation, des informations pratiques sur la vie quotidienne et un tour d'horizon des sites incontournables à visiter. Sans oublier, bien sûr, la fusée Ariane et la découverte de la faune et de la flore exceptionnelles de ce luxuriant coin de France en Amérique du Sud... 

 

Bonne visite à tous et bienvenue, en particulier, à nos proches et à nos amis Groisillons... 

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Le blog «Vivre En Guyane» existe depuis janvier 2011… Vous pouvez trouver facilement des articles sur la vie quotidienne en Guyane avec ce formulaire de recherche. Pour plus d'infos, consultez le portail web de référence associé à ce blog : www.vivreenguyane.com

 

Bonne lecture !

 

Distinctions

"Vivre en Guyane" a été élu "blog du mois" par l'annuaire spécialisé Expat'Blog en février 2011. Pour voir l'interview de l'auteure réalisée à cette occasion, cliquer ici

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Prises de vue effectuées avec un APN compact (facile à emporter dans une poche), modèle Samsung PL151, résolution 12 Mpx, flash désactivé en permanence. Complété en juillet 2011 par le bridge Sony DSC HX-100V, résolution 16 Mpx, toujours sans flash...

Albums photo


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Architecture créole

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Paysages de Guyane

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Forêt primaire

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Averses tropicales

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Faune de Guyane

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Ponte des tortues Luth

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Fusée Ariane (V201)

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Musée de l'Espace

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Cayenne

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Iles du Salut (île Royale)

 

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